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Cheyenne PHILO

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Vanity Fair n° 39 – septembre 2016

La désinvolture souriante en point d’équilibre dans un couloir en pente d’une très belle mélancolie : Cheyenne Philo.
Comme beaucoup de jeune actrice Cheyenne, espérait le rôle de sa vie qui la propulserait dans les hautes sphères du confort et de la gloire mondiale. Quitte à se donner du mal autant atteindre le sommet, et vite. Ce n’est pas tant l’ambition qui la motivait mais l’efficacité, le refus obstiné de perdre son temps. Un cocktail de ténacité, de talent et de hasard lui permis d’incarner à 20 ans le rôle principal d’un film qui eu un retentissement phénoménal. Pour confondre toute frontière entre la réalité et la fiction les auteurs du film le nommèrent du nom de son interprète – comme si L’Ange Bleu s’était appelé Marlène Dietrich –. Cheyenne mena sa vie dans le sillage du film.
Elle devint l’objet de tous les fantasmes, de toutes les convoitises. Elle incarna à merveille la femme libre et androgyne. Au delà du cinéma, elle fut adulée par les marques de haute-couture, courtisée par les hommes et les femmes les plus riches et les plus séduisants ; les médias l’adoraient.
Hélas, elle trouva ce monde courtisan vide d’imagination et sans avenir pour elle. Après le rôle de sa vie, elle eut la juste inspiration de se trouver un rôle dans la vie.
Lasse des vieux hommes ventripotents et libidineux qui se trainaient à ses pieds, elle trouva un jeune père pour faire des enfants. Elle prit le temps de les voir grandir, prit de la distance avec le milieu du spectacle et se lança dans l’édition d’un coffee-table book consacré aux plus beaux téléphériques du monde. Son idée était de nourrir encore d’avantage l’émerveillement de ses fils quand ils en voyaient un en vitrine au moment des fêtes de Noël. Après les bonnes ventes de ce 1er opus elle édita un 2e album qui traita des origines inattendues de certaines inventions. Entourée de gens qui se prenaient parfois très au sérieux, elle avait été amusée d’apprendre qu’Albert Einstein avait eu l’inspiration de la théorie de la relativité en oblitérant des timbres-poste à la chaine. De la découverte du Porto en passant par le four à micro-onde, elle déclina, comme un pied de nez, les rencontres heureuses des hasards et des accidents qui débouchèrent sur des inventions. Elle remit au gout du jour le mot anglais ‘’Serendipity’’ (en français sérendipité : art de faire une découverte par hasard) et créa une chaine de salons de thé où les surprises ne manquent ni dans la salle ni à la carte.

Cheyenne, à 52 ans, est définitivement sortie de son film de cinéma pour vivre sa vraie vie et nous la donner à lire comme un roman.