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CHOU-HIBOU-CAILLOU-OUH !

Vanity 13_juillet14
Vanity Fair n° 13 – juillet 2014

De la séparation de mes parents dans les années 80, je retiens un avantage : j’allais très souvent au cinéma puis au restaurant seul avec mon père. Je me souviens d’un diner où le meilleur spectacle fut dans la salle. Nous eûmes le bonheur d’être les voisins de table d’une belle et grande jeune fille, top model égarée dans un restaurant de quartier se rassasiant d’une salade de haricots verts. Seule entorse à son régime alimentaire, une énorme part de tarte au citron négociée à grands coups d’œillades en direction d’un serveur sous le charme. Mon père trouva plusieurs prétextes pour engager la conversation, il pratiqua son meilleur anglais. Il arriva juste à partager sa panière de pain et le moulin à poivre ! Je me taisais et essayais de calmer mon attrait. Les approches éhontées de mon géniteur m’offraient la formidable opportunité de jeter à la Belle des regards furtifs de désapprobation et d’excuses amusées. Nous avions sensiblement le même âge. Je l’admirais pour sa beauté, l’enviais d’être déjà dans la vie active alors que je suivais encore mes études. Enhardi par nos échanges silencieux je déposai le soir même un message à la réception de son hôtel en l’invitant à nous revoir. Ma franche sollicitude, un brin utopique, d’obtenir un rendez-vous lui plut et aboutit à une entente de plusieurs trimestres parsemée de rencontres dépaysantes agrémentées de conversations légères. Nous nous retrouvions autour d’un verre lors de ses courts passages à Paris. Je n’oublierai jamais le jour où, à la sortie d’un défilé elle me proposa de l’accompagner jusqu’à sa chambre d’hôtel. Elle me prit la main dans le taxi, nous parlâmes peu. A peine entrés dans sa chambre, elle me pria de me déshabiller et se moqua hilare de ma lenteur alors qu’elle fut nue en un rien de temps. Seuls les battements de mon cœur s’accélérèrent ; je ralentis encore d’avantage mes mouvements, subjugué par sa nudité et stupéfait par la subite offrande de son corps magnifique après des mois de prude amitié. Nous nous échappâmes du pelliculage glacé des magazines et de la situation convenue jusqu’à présent pour découvrir ensemble les dessous coquins de la Mode. Sur ce joli terrain d’entente nous laissâmes nos petites mains courir et nos envies de haute luxure nous envahir. Elle me recouvrit avec dextérité le sexe d’un caoutchouc – chou-hibou-caillou : ouh ! Elle descendait des podiums, nous montâmes au 7e ciel croiser mille paillettes rieuses et enchantées…

Quand je lui demanda pourquoi elle avait ainsi voulu passer la nuit avec moi, elle me répondit radieuse, c’était parce je ne lui avais jamais demandé.