Archives de catégorie : Ubarius, un brin moqueur

Je voyage dans l’actualité ; un détail contrarie mon rêve : je vous livre mon humeur décalée et moqueuse.

A JOUFFLARD-en-BOUZY, la croisière s’amuse…

Après six ans de mandature, comme un navire parti en croisière, au moment des élections municipales le bateau Mairie retrouve son port d’attache. Avec la campagne électorale on aurait pu espérer apprendre de l’équipage comment s’est passé le voyage et discuter à propos des prochains enjeux.

A Joufflard-en-Bouzy on feint de ne pas s’étonner en découvrant qu’une mutinerie ourdissait à bord depuis quelques temps. A peine l’équipage a-t-il posé le pied à terre que deux lieutenants déclarent, en proclamant leur candidature, ne pas embarquer au prochain tour à moins de prendre la barre.

A défaut d’avoir eu la force et le courage de régler leurs différents pendant le mandat qui s’achève les trois candidats laissent aujourd’hui à l’électeur le choix du prochain équipage.

On croit habiter/naviguer en démocratie et l’on découvre être en terre inconnue. Nous ignorons en grande partie ce qui se passe derrière les murs de la mairie. Se pose la question de savoir si nous ne vivons pas dans une théorie de démocratie, une illusion de république ?

Ce message est ma première bouteille à la mer…

JOUFFLARD, ma chérie…

Concertation citoyenne / consultation municipale / démocratie participative / co-construction…

Attention à la manipulation des idées. Quand on nous parle de participation citoyenne, il n’aurait pas fallu que les concertations proposées par les candidats en début de campagne ne transforment nos souhaits en promesses qui n’engagent, comme chacun sait, que celui qui les écoute. Ne pas confondre participation citoyenne et marketing politique ! J’insiste. Jamais un soupirant n’enverrait à sa dulcinée un questionnaire avant de lui envoyer sa lettre d’amour. C’est pourtant bien ce que les candidats ont fait :

« Dites-moi bien ce que vous attendez afin que je vous promette exactement ce que vous m’avez suggéré de vouloir entendre ».

JOUFFLARD-en-BOUZY frissonne

Vu du jardin tout semblait bien se passer à l’intérieur de la Mairie. On voyait parfois le soir de la lumière allumée aux étages, on devinait les élus en réunion en train de réfléchir à notre bien commun… Et patatras, en novembre, sortant de sa cour d’école Sire Bernard Soubirous, adjoint à l’éducation, annonce sa candidature aux prochaines élections, suivi dans la foulée par Cruella Jamaticus 1ère adjointe. Bébé Larcher, le maire en place réagit placidement, il annonce qu’il se représente.

Sans étiquette politique, chacun promet de préserver le cadre de vie, mieux, de l’améliorer ; ils jurent tous être compétents et motivés… Les têtes de liste se satisfont de leur identique bilan. Mais pourquoi se disputent-ils aujourd’hui en se présentant les uns contre les autres ? Entre benêt blanc et blanc benêt pour qui voter le 15 mars prochain ?

De cette querelle picrocholine, une seule certitude : quelque soit le résultat des élections, la ville est perdante. Avec cette rivalité entre anciens élus d’une même liste notre richesse en ressource humaine se voit étioler et la capacité de notre administration à réagir avec force et pertinence face aux enjeux (urbanisme, intercommunalité…) sera amenuisée.  

Le PMU (Pari Municipal Ubuesque) prédit :
– Bébé Larcher en tête (50%) ;
– Cruella Jamaticus (30%) ;
– Sire Bernard Soubirous (20%) sur la dernière marche du podium.

A bon électeur, chapeau bas !

JOUFFLARD VILLAGE

On aime entendre, quand on vit à Joufflard-en-Bouzy, la promesse du doux refrain de la vie de village retrouvée.
Hélas, depuis 1978 et la construction de la résidence Harmonie Ouest, le village a explosé, il a disparu.
Ses habitants n’aiment pas entendre que leur ancien village qui comptait 700 âmes en 1974 est passé à 4000 aujourd’hui et devient peu ou prou la banlieue de Versailles.
L’évocation dans les promesses électorales de l’idée de ‘’village’’ participe à l’embrouillage des esprits et au travestissement de la réalité.

Jugez plutôt en découvrant un reportage daté de septembre 1973 en cliquant ici sur un lien de l’INA.

ETRE ENTENDU EN CAS D’URGENCE

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Le peuple minable a du génie. Choisir le gilet jaune comme symbole de son mécontentement provient d’un beau trait d’inspiration. Ce vêtement de sécurité dont la détention est obligatoire pour tout automobiliste, gifle la figure de ceux qui nous gouvernent avec maladresse. Voir ce vêtement moche à la couleur jaune réfléchissante et criarde, jamais bien taillé (et fabriqué hors de France ?) revendiqué comme étendard est un magnifique pied-de-nez exprimant un réel ras-le-bol à ceux qui lèvent l’impôt de manière si brutale.

Un objet de rien, de mauvais goût, imposé et désuet, symbole du grand mécontentement et du découragement d’un peuple, tisse définitivement devant nos yeux la maille d’une déprime annoncée.

Mais le peuple qui fait chier le peuple en l’empêchant d’aller à son travail ou d’aller faire ses courses, cela est sot et appelle un sursaut rapide, une organisation structurée pour entretenir et développer la mobilisation. Il faut déterminer de meilleures cibles et de meilleures actions avant que l’affaire leur échappe totalement ou qu’ils en soient dépossédés.

Oh ! peuple de France, pourquoi t’en prendre à ceux qui vivent comme toi dans l’angoisse du lendemain, vise plutôt de ton poing goguenard les symboles de la puissance aveugle de l’état, dénonce l’outrecuidance du gouvernement par ta présence, par exemple, sur les lieux mêmes où les ‘’princes’’ du pouvoir – ministres, préfets et autres suppôts de l’état dégénéré – vivent luxueusement en total décalage avec le quotidien de leurs administrés.

Enfin, ‘’Gilets Jaunes’’ ne vous laissez pas berner par l’ampleur médiatique qui ne reflète en rien l’importance de votre influence et votre capacité à changer les choses. Les puissants ricanent. La masse paresseuse roupille et compte le peu de bien qui lui reste. Aujourd’hui, les seuls gagnants de vos manifestations éparses et bordéliques sont les médias à qui vous offrez du contenu à fort audience et à peu de frais. Ne tombez pas dans le miroir aux alouettes qu’ils vous tendent, que cette gloire médiatique incontestable ne se transforme pas en tout à l’égo de vos préoccupations frustrées.

Un coup d’épée dans le mot.

Peace Tour Eiffel Jean Julien

Depuis trop longtemps nos hommes politiques et nos intellectuels français, concernant la gestion de la vie de la cité, cultivent et entretiennent un déni de réalité. Les uns par un cynique opportunisme, les autres par une transformation de leurs idées en religion boursoufflées de laïcité.

Même si l’abus de religion nuit à la santé, un peu de religieux sinon de spiritualité élève les âmes.

De la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, de nos avancées intellectuelles, et parfois universelles – il est vrai – nous avons dressé un linceul sociétal. Nous avons cessé de nommer les choses qui nous gênaient pour continuer à vivre dans un monde idéal auquel nous voulons croire. L’idée plus forte que la réalité. Hélas, c’est le contraire : le réel peut être gouverné par les idées, mais en aucun cas les idées n’ont de réalité en dehors des occasions dans lesquelles elles s’incarnent (cf. Germaine de Staël).

La confusion est à son comble quand j’entends articuler aujourd’hui dans toutes les bouches le nom d’un ‘’état islamique’’, état auto-proclamé, non reconnu, mais dont le nom est répété à l’infini. Je l’entends comme une sinistre litanie.

Ohé du badaud éclairé, homme politique, intellectuel clairvoyant, média libéré, simple citoyen, navigateur solitaire ! ne peux-tu pas en parlant de ces bandits les dénoncer systématiquement en parlant d’eux comme d’un ‘’pseudo-état-islamique’’ ?

Nommons les choses à leur endroit non à l’envers de nos esprits trop emprunts d’idéaux.

Charles BUKOWSKI

Charles BUKOWSKI

 » Comment diable un homme peut-il se réjouir d’être réveillé à 6h30 du matin par une alarme, bondir hors de son lit, avaler sans plaisir une tartine, chier, pisser, se brosser les dents et les cheveux, se débattre dans le trafic pour trouver une place, où essentiellement il produit du fric pour quelqu’un d’autre, qui en plus lui demande d’être reconnaissant pour cette opportunité ?  »

Contes de la Folie Ordinaire (Tales of ordinary madness) traduit de l’américain par Léon Marcadet