La chronique qui tue

ELLE 3540_1nov13

ELLE n° 3540 – 1er nov13

Je voyage en magazine. Je pars sur les pages faire du lèche-vitrine. Aujourd’hui, je butine le magazine Elle du 1er novembre. Ecoutant certains dimanches, avec bonheur « Il n’y en a pas deux comme Elle » sur Europe 1, je souhaite retrouver sur le papier l’ambiance délicate et les propos pertinents des dames de la radio. Là où les femmes sont primesautières et conséquentes, les hommes sont présomptueux et velléitaires ; avec cette lecture je souhaite fuir le monde agressif des males pour l’univers chaleureux et esthétique de la gente féminine.

Hélas, je tombe page 32 sur la chronique de Nicolas Bedos : « La France qui pue ».

Que fait le chroniqueur beau gosse et survolté dans les pages de Elle avec des propos hostiles et disgracieux à l’encontre des français qui ne penseraient pas comme lui au sujet de l’immigration. Je croyais que son rayon était l’humour, là il s’installe dans la vindicte bobo revancharde. Qu’il fasse de sa vision idyllique un poème non une charge grossière et insultante et je compatirai, hélas une fois de plus, sur la misère du monde.

Lire un magazine féminin c’est comme passer noël à Venise. On rêve sur l’eau sans avoir à se mouiller. La plume de N. Bedos trempée dans la poudre de coco m’éloigne des rivages lagunaires et idéalisés.

Dommage pour mon embarquement que le gondolier ait été mal choisi !

Gourmets des Ternes

10345550_10202328401067944_5308215038698403900_n

Aux Gourmets, je venais avec mon père.
J’y viens seul ou accompagné sans jamais réserver alors que c’est toujours complet. C’est ma coquetterie de parigot.
Deux fois, le Père Marie m’a viré parce que je ne prenais pas d’entrée (le temps de préparer la viande disait-il…).
Je reviens quand je peux, entre deux rendez-vous.
Je passe de temps en temps pour embrasser la pièce de bœuf et essorer le baba au rhum ; oh ! bien sûr, je commence par une entrée, souvent les céleris rémoulade.
Pour le vin, c’est selon l’humeur, le portefeuille, et l’échange d’idée avec Jean, le fils et actuel patron.
Ouais, c’est vrai, le Bérurier (personnage outrancier, obèse, impudique, ronchonnant…de la série de romans policiers San-Antonio) est parfois au service dans la salle mais, dans l’assiette, y’a du Mozart. Alors, il faut savoir regarder l’un et écouter l’autre. Et puis, quand le Béru met son tutu, il faut se laisser aller, et se marrer avec lui… Il ne faut pas s’arrêter aux apparences un peu rudes du service. Pour aimer faut comprendre. Faut avoir le décodeur.
Les Gourmets est un bistro de parisiens pour le monde entier. Mais faut se plier au protocole. Il y a de la gouaille, de l’exagération, de la maladresse contrôlée… Un peu de rudesse dans ce monde aseptisé, cela ne fait pas de mal !
Aux Gourmets, il y a de la continuité et de l’excellence depuis les trente cinq ans que je le fréquente.
Pas de place pour la fanfreluche et la minauderie. Il faut savoir s’imposer avec discrétion et charme.
On n’est pas riche de ses caprices mais de son désir à se faire du bien.

J’aime les Gourmets des Ternes.

Vagabond pour l'instant