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Avec Carole Bouquet !

Vanity 15_sept14
Vanity Fair n° 15 – septembre 2014

A l’approche de l’hôtel Pandora j’oublie l’objet de la réunion à laquelle je suis convié. Surpris de me trouver au pied d’un immeuble parisien devant lequel je suis passé des centaines de fois avant sa rénovation sans m’apercevoir de sa magnificence potentielle, je ralentis le pas alors que mon poult s’accélère. Je suis intimidé par le luxe impressionnant du nouveau Palace et goutte déjà la flatterie hypocrite dans l’adresse de l’invitation lancée par notre patron pour cette journée de travail délocalisée. Pour me nourrir de l’endroit je voudrais m’asseoir dans la belle salle à manger et, pour me remplir d’aisance, prendre un petit déjeuner pantagruélique. Mais aucune consommation terrestre ne pourra jamais combler mon émerveillement intemporel.

Je suis les allées du devoir sobrement balisées par une signalétique ad hoc et un personnel emprunté qui m’accueille à notre conférence room avec déférence. Après quelques minutes je prétexte un rendez-vous téléphonique confidentiel et important pour sortir de la pièce. Les couloirs sont déserts, je cherche un lavabo et me dirige vers la batterie d’ascenseurs. Je suis seul dans la cabine. J’appuie à l’entresol, un étage au-dessus. Quand la porte s‘ouvre je tombe sur Carole Bouquet, je renonce à sortir, sourires :

– A quel étage souhaitez-vous allez ?

– Comme vous…

Soupir suspendu, déglutition ralentie… Je choisi le dernier étage et la regarde convaincu :

– Est-ce vraiment vous qui avez rédigé la conversation impossible avec Harold Pinter dans le Vanity Fair de septembre ?

Elle me répond affirmativement. Alors que je m’apprête à lui témoigner mon admiration pour l’intelligence de son texte dans sa manière élégante de nous donner envie d’aller la voir au théâtre, nous arrivons au restaurant-terrasse de l’hôtel où nous découvrons une vue sublime sur Paris. Un maître d’hôtel vient nous accueillir. Bien qu’il soit trop tôt pour déjeuner il nous propose une table où, très vite, nous savourons un 1er cru de Meursault.  Avant que nous soyons ivres nous prenons le temps de commander une deuxième bouteille. Dans ce lieu parfait une maladresse arrive ! Le bouchon échappe des mains du garçon, Carole B. et moi essayons de le rattraper, il roule sur la nappe, nous glissons pour le saisir et nous nous retrouvons sous la table. Le dur atterrissage de nos séants sur le sol est ponctué par un éclat de rire tonitruant de ma voisine d’infortune.

Nous sommes restés assis par terre finir nos verres et la conversation, ravis par notre nouveau point de vue sur Paris…